un petit tour dans les coulisses

Nous cultivons tous nos plants nous-même, de A à Z

Une des particularités de notre pépinière, c'est que nous produisons tous nos plants nous-même, de A à Z. Et ça, c'est plutôt rarissime! Chez nous, tout est fait main! Chaque semence de fleur, légume ou aromate passe entre nos doigts pour débuter son cycle de vie. La majorité des autres pépinières ont recours à l’achat-revente: ils achètent des mini-mottes à un grossiste (souvent aux Pays-Bas) puis les rempotent pour les vendre dans leurs pépinières ou sur les marchés. Ces plants sont souvent produits en conditions artificielles (température, luminosité, engrais minéraux…) ce qui rend plus difficile leur acclimatation à vos jardins. Nous ne leur jetons nullement la pierre, simplement, nous avons fait le choix inverse. Chez nous, à la micro ferme du Bout du Monde, nous produisons nos plants en conditions naturelles, sans recours aux énergies fossiles ni aux produits phytosanitaires, dans le respect de leur cycle naturel de développement. Pour rappel, nous sommes situés à 400 mètres d’altitude, en Ardenne belge. Voilà pourquoi choisir des plants chez nous, c’est s’assurer d’avoir des plants plus robustes et résistants aux aléas climatiques. Pour ces raisons, nos plants rustiques sont disponibles à la vente un peu plus tard que dans les autres pépinières…Mais cela vaut la peine de patienter un peu plus, non?

Du 100 % naturel!

Chez nous, à la micro ferme du Bout du Monde, nous produisons nos plants en conditions naturelles, sans recours aux énergies fossiles ni aux produits phytosanitaires, dans le respect de leur cycle naturel de développement. Pour rappel, nous sommes situés à 400 mètres d’altitude, en Ardenne belge. Voilà pourquoi choisir des plants chez nous, c’est s’assurer d’avoir des plants plus robustes et résistants aux aléas climatiques. Pour ces raisons, nos plants rustiques sont disponibles à la vente un peu plus tard que dans les autres pépinières…Mais cela vaut la peine de patienter un peu plus, non?

Quelles sont les étapes de notre travail tout au long de l'année?

Il se cache beaucoup de préparatifs avant et après les quelques semaines d’ouverture annuelle de notre pépinière… Voici un petit coup d’oeil sur la ligne du temps de notre métier afin que vous puissiez comprendre comment naissent vos plantes.

 

  • 1ère étape: le démarrage des COUCHES CHAUDES (voir article dans notre blog) en février
  • 2e étape: le démarrage des SEMIS dans un terreau prévu à cet effet avec des graines récoltées dans nos jardins ou achetées chez plusieurs semenciers bio, belges ou français.
  • 3e étape : L'EMPOTAGE des plantules, boutures et marcotes. On ne calcule même plus le nombre de jours passés à cette étape!
  • 4e étape : l’acclimatation des plantes (L'ENDURCISSEMENT) de la serre pépinière à la serre "d’élevage" avant de connaître les conditions extérieures au bout de quelques semaines.
  • 5e étape : LE VISUEL : étiqueter tout et créer des affiches avec photos, descriptifs...
  • Et enfin…L'OUVERTURE tant attendue de la pépinière! Et les CONSEILS autant sur la culture (exposition, sol…) que sur les usages (comestibles, médicinaux, mellifères…)

C’est tout!?

Et bien non! n’oublions pas les arrosages quotidiens, le paillage éventuel des pots, le tuteurage, la protection quotidienne contre le froid, et les récoltes des gastéropodes affamés qui font le bonheur de nos poules. Il ’est pas envisageable pour nous d’utiliser des produits anti-limaces!

Mais encore?

Simultanément, nous aménageons nos propres jardins (le potager, le jardin des Simples, la forêt-jardin) : c'et le moment de désherber, planter, pailler…

Et après?

Un autre travail de fourmi s’entame une fois les volets de la pépinière clos: la gestion de l’enherbement de nos jardins, la récolte et la sélection de nos semences à la fin de l’été, le tri et l’inventaire des lots de graines, les recherches variétales, la multiplication des plantes par bouturage, marcottage et division des pieds-mères à plusieurs périodes différentes, l’entretien des pieds-mères, la stratification à froid de certaines graines... S’ajoute à cela le prélèvement des greffons en janvier-février et les greffes en mars-avril pour les fruitiers.

Vous l’aurez compris, en réalité, nous sommes bien occupés toute l’année!

Quel matériel?

Nous n’utilisons pas de matériel de chauffage électrique pour mettre en culture nos plantes, mais nous recyclons les déchets des manèges pour réaliser des “couches chaudes” : un procédé ancestral qui consiste à utiliser du fumier de cheval et/ou du broyat de bois comme chauffage naturel pour les semis.

 

Les terreaux que nous achetons sont certifiés bio et produits en Belgique. Il nous est techniquement impossible de produire nous-même plus de 5 mètres cubes de terreau (c’est notre besoin annuel). Nous utilisons trois terreaux différents dont deux sont à base de fibre de bois plutôt que de tourbe. C’est une question qui nous préoccupe encore, car nous souhaitons de tout coeur éviter de participer à la destruction d’un écosystème aussi sensible que les tourbières.  

 

Pour protéger les plantes du froid et des gelées, nous recréons “des serres dans la serre” à l’aide de voiles climatiques qui permettent de conserver quelques degrés précieux. C’est une gymnastique quotidienne que d’ouvrir et fermer les voiles matin et soir, un habile équilibre entre lumière et température.  Il est parfois nécessaire de multiplier les voiles (jusqu’à 3 voiles superposés) lorsque la météo annonce des nuits froides.  

 

Chaque année depuis 2020, nous récupérons les pots plastiques usagés auprès des particuliers, des entrepreneurs de parcs et jardins et des écoles car c’est un non-sens écologique de ne les utiliser qu’une seule fois! Cela nous demande du temps de tri et de nettoyage mais il est important pour nous de recycler un maximum. Envie de participer? Vous serez prévenus dans une future newsletter de nos besoins et des modèles de pots que nous recherchons.

Comment fait-on pour économiser l'eau?

Nos plants sont arrosés à l'eau de pluie, car nous sommes autonomes en eau, grâce aux récupérations des eaux de surface. L’économie d’eau, on connaît! Pas question de la gaspiller! Alors comment économiser cet or bleu?

 

La première astuce consiste à ARROSER PAR IMBIBITION plutôt que par aspersion comme c’est le cas dans beaucoup de pépinières. Pour cela, nous avons investi depuis nos débuts dans des “tables à marées” : nous inondons le fond de la table de manière à ce que les fonds de pots soient immergés dans l’eau. La plante pompe l’eau par ses racines, ce qui la force à développer un système racinaire puissant: une garantie d’un meilleur enracinement par la suite, une fois vos plantes installées au jardin. Lorsque les plantes ont suffisamment bu, nous vidons l’eau résiduelle des tables et la réutilisons par la suite. Dans le cas des aspersions aériennes, la plante reçoit l’eau en surface, ce qui ne la contraint pas à développer un système racinaire aussi fort en profondeur. Ces tables à marées ont un coût élevé. Nous investissons au fil des années mais n’avons pas encore des tables en suffisance pour couvrir toute la pépinière. Une partie des plantes annuelles reçoit donc partiellement un arrosage par aspersion. Pour tout le reste, nous fonctionnons par imbibition, ce qui rend au final notre pépinière très économe en eau. Du coup, les plants que vous achèterez chez nous garderons en mémoire cette économie eau et ne demanderons pas d’ arrosages conséquents!

 

La deuxième astuce est de PAILLER! Dans notre micro ferme, tous les jardins sont paillés. En effet, un sol nu est un sol “foutu”! 

Pailler permet également de maintenir au maximum l’humidité du sol et éviter les stress hydriques, et enfin de limiter les adventices. Lors de saison sèche, même les gros pots de vivaces de la pépinière sont recouverts avec de la fine paille de chanvre afin d’éviter que le terreau ne s’assèche.

Les engrais et produits phyto, on en parle?

Au delà des engrais organiques inclus dans les terreaux bios, nous n’utilisons aucun engrais provenant du commerce. Le seul “engrais” que nous utilisons occasionnellement est un extrait fermenté d’orties (un purin), que nous fabriquons nous-même avec les orties de notre micro ferme. C’est un stimulateur de défenses naturelles (SDN) permettant aux plantes d’être plus résistantes aux potentielles agressions extérieures (insectes ravageurs ou champignons pathogènes)

 

Pas besoin de produits phyto pour intervenir sur les maladies car nous n'en avons pas! Nos services écosystémiques gèrent les problématiques éventuelles. Depuis le début de l’installation de la micro ferme, l’accent est mis sur la restauration des écosystèmes et de la biodiversité pour induire les services écosystémiques qui sont des assistances gratuites de la nature sur les cultures. Savez-vous par exemple qu’un couple de mésanges va rapporter entre 600 et 800 insectes par jour à sa nichée? Par ailleurs, la grande diversité des espèces que nous cultivons à la micro ferme ne permet pas à un pathogène de s’installer, contrairement aux monocultures et environnements dégradés.